Le lin lavé, le textile à la noble réputation !

Le lin lavé, le textile à la noble réputation !

« Du lin dites-vous ? Pas question, ça gratte, ça pique ! » On entend souvent ce genre de critiques sur le tissu en lin. De mauvais souvenirs se sont ancrés dans l'esprit de certaines personnes, leur conduisant même à tirer un trait sur les pantalons en lin. Heureusement pour le lin, les spécialistes du textile lui ont lancé une bouée de sauvetage en lui apportant un traitement méticuleux. Il a gagné ses lettres de noblesse pour devenir la star des tissus naturels. Mieux encore est l'arrivée du lin lavé, plus doux, plus souple et avec son effet patiné, le tissu 100% Lin lavé trouve son ancrage dans l'univers de la décoration. Avant que l'on profite des couleurs indédites que nous offrent les produits en lin lavé, partons à la découverte de ce matériau naturel.

Le long voyage du lin au fils du temps 

Plus vieux que le coton qui date de 9 000 ans, le lin, lui, a dans les 36 000 ans, d'après une découverte effectuée par des paléontologues américains dans la grotte de Dzudzuana en Géorgie. Ceci suppose que l'homme de Cro-Magnon, à côté de son habileté à confectionner des vêtements en fourrure, a réussi à se prévenir du froid en maîtrisant le lin. Mais l'exploitation de cette plante a pris son ampleur à l'époque des pharaons d'Égypte.

Le Linum usitatissimum sous la civilisation égyptienne

Si en Asie Mineure, la culture du lin servait dans la production de l'huile (une autre vertu du lin), les Égyptiens ont, quant à eux, soulevé le côté utilitaire du lin dans le textile. Ils appelaient la toile de lin « lumière de lune tissée ». Savez-vous que les bandelettes qui entouraient les momies des pharaons étaient faites en lin ? Ce peuple a développé l'usage de cette plante en confectionnant plusieurs objets comme des filets, des cordes, des voiles de bateaux ou des vêtements. Ce matériau est si solide et durable que certains objets en lin ont survécu dans le temps. Il en est ainsi de la tunique en lin plissé retrouvée sur la tombe de Neferrenpet. Si vous avez le temps, vous pouvez voir ce chef- d'œuvre au Musée du Louvre.

© Musée du Louvre / G. Poncet

L'arrivée du lin en Europe

La culture du lin s'est peu à peu répandue à travers l'Europe avec l'essor de la navigation commercial. Du temps des Gaulois, la population avait déjà pratiqué la culture du lin dans la vallée de la Lys. Pour Charlemagne, le lin tenait une place aussi importante qu'il ordonna à travers le capitulaire De Villis sa culture dans les domaines royaux. Au XIe siècle, le lin a été choisi pour recevoir les fameuses broderies connues sous le nom de la « Tapisserie de la reine Mathilde ».

Comme la culture du lin requiert de la terre profonde et une température moyenne de 25 °C, c'est au nord de la France (à Anjou, dans les Flandres, en Bretagne) qu'elle a pu se développer. Au XIIIe siècle, à Cambrésis, dans le Nord-Pas-de-Calais, l'on créa le Batiste, une toile de lin d'une finesse incontestée qui servait à confectionner des vêtements liturgiques et des mouchoirs.

Le lin est tombé dans l'oubli avec l'avènement de la révolution industrielle. Mais depuis quelques années, il renaît de ses cendres avec une nouvelle qualité, de nouvelles caractéristiques bien plus séduisantes que ses compères le coton et la soie. Le lin lavé habille désormais l'intérieur des maisons à travers les linges de maison comme la nappe Linge Particulier, le torchon Linge Particulier, les serviettes ou encore le tablier japonais.

Zoom sur le mode de culture du lin

Avant de nous aventurer dans la découverte des produits de fabrication française conçus en lin lavé, voyons combien les liniculteurs prêtent attention à la culture de cette plante. C'est à la France que revient le titre du premier producteur de lin fibre mondial avec une production annuel de plus de 96 000 tonnes. Ce mérite tient du fait que les terres notamment dans la Normandie sont très favorables à sa culture. Et afin d'obtenir un lin de qualité, il est impératif de respecter une rotation de 6 ou 7 ans entre les cultures. Cette technique permet de purifier et de protéger les sols contre les parasites.

Du premier intrant de la culture à la croissance

En général, on sème les graines de lin entre fin mars et fin avril. Il faut que les pousses se resserrent entre elles pour un maximum de rendement (environ 1600 pousses/m2). En mai, les plantes commencent à atteindre la levée. La hauteur de tiges peut monter jusqu'à 1,20m.

La floraison

De belles petites fleurs bleues parent les champs de lin aux alentours de mi-juin, mais ce phénomène ne dure que quelques heures pour laisser place à des capsules.

La récolte

On procède à la récolte du lin environ 1 mois après la floraison. Afin de préserver la longueur des fibres, les liniculteurs arrachent les plantes au lieu de les couper. Les tiges recueillies vont alors être séchées selon la disposition en andains.

Le rouissage

On laisse alors les tiges « pourrir » sous l'action de la chaleur et de l'humidité du sol ou sous l'action de l'eau selon la technique utilisée. Mais il faut que les pailles soient suffisamment macérées pour pouvoir extraire les fibres. Le lin peut passer au teillage vers la fin du mois d'août. De cette opération réunissant à la fois le broyage et le battage des pailles va ressortir du lin teillé, prêt pour poursuivre son aventure dans les étapes de production de tissu de fabrication française.

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